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Images aléatoires

Le [B°Arts) le journal du BdA° !!

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Ce journal est tenu par tous ceux qui le souhaitent... et plus pragmatiquement par le Comité de Rédaction composé par les éléves de toutes les années de Science Po Lille... donc à Lille !

Notre journal se veut de l'absurde intelligent, intelligible !!! Nous voulons favoriser la création et la critique...  sans pour autant fuir toutes sciences politiques...

Sur ce blog vous retrouverez l'ensemble des numéros et plus !  Nous invitons donc tout le monde à participer aux éditions futures de ce journal et à l'animation de ce blog !!! 
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Mardi 10 juillet 2007
Encore merci à Jylcka... 
Par BoArts - Publié dans : Expériences geeks & Vidéo !!!
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Mercredi 6 juin 2007
Par BoArts - Publié dans : Expériences geeks & Vidéo !!!
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Samedi 19 mai 2007

LAWRENCE DE PICARDIE ÉPISODE 7

 

Résumé des épisodes précédents : L’indépendance de la Picardie vient d’être refusée, et Lawrence de Vermandois, le chef du Front de Libération des Braves Gens, mène à nouveau la révolte contre la République unitaire des Francs. Avec l’aide du chef berbère Othmane Chanaoui, il vient de défaire l’armée jacobine dans les plaines de l’Oise : mais voilà que Ségolin Mérovée, le Fromage de Tête de la République franque, fait appel à l’*tat pour écraser la rébellion séparatiste...

 

« Bigre. » lâcha notre héros en levant les yeux sur le monstre. Ce dernier consistait en un complexe assemblage de onze millions et demi de fonctionnaires, punaisés les uns aux autres par des trombones plantés dans leurs vestons. Les plumitifs rédigeaient continuellement le rapport de ce qu’ils voyaient depuis leur position dans le corps administratif, rapport qu’ils soumettaient à intervalles réguliers à des cadres exécutifs qui, mousquetonnés à des cordes d’alpinistes, sillonnaient de haut en bas la hiérarchie bureaucratique, divisée entre les niveaux A (tête, épaules), B (bras et buste), C (cuisses et genoux) et D (mollets et pieds).

Au sommet du niveau A, à trois cents mètres du sol environ, se trouvait l’Office Central, une petite pièce cosy où les rapports s’entassaient sur le bureau d’un moine zénarque avant d’être successivement récupérés par une secrétaire, classés par ordre de priorité, corrigés orthographiquement, examinés par une commission, archivés puis recyclés à 99%. Accessoirement, ils servaient à définir les déplacements de la machine administrative, mue par des chaîne humaine de fonctionnaires un peu plus costauds que les autres et qui, par des torsions et des gesticulations adéquates, faisaient se lever et s’abaisser les bras et les jambes du titan.

Parfois, l’une des « cellules » du corps social – nerf, muscle ou neurone – se dégrafait de ses voisines et faisait une mauvaise chute. Elle était alors remplacée par un jeune stagiaire, fécondé in vitro dans une école de secrétariat cachée dans les profondeurs de l’automate géant, et qui au bout d’une période d’essai de deux ans se voyait généralement confirmer dans son nouveau poste.

L’ensemble formait une masse grouillante et humanoïde, résonnant de la trépidation sèche des machine à écrire, du grattement des plumes sur le papier et du tic-tac incessant des horloges pointeuses. Il s’en dégageait, en même temps qu’une odeur de parchemin, une impression de chaos ordonné assez vertigineuse, qui donnait envie de se mettre à genoux et de demander pardon pour avoir trafiqué sa feuille d’impôts.

Le Léviathan s’avança vers Lawrence avec la démarche lente d’une maquette animée image par image dans un film des années 1930. Le séparatiste fit faire marche arrière à la Tracy Temple, se demandant ce qu’il pouvait faire face à un tel ennemi.

« Rendez-vous maintenant, proposa Ségolin Mérovée. Il n’est pas encore trop tard pour faire demi-tour. Vous êtes un homme de valeur, et nous saurons vous trouver un poste bien placé au sein de notre administration territoriale. » 

Lawrence jeta un regard effaré sur l’incarnation de l’État. La monstruosité pouvait certainement le tuer d’une simple pichenette.

« Par le Prophète, Lawrence, n’écoutez pas cet homme ! » lui lança Othmane Chanaoui. Le leader maure fit claquer trois fois sa langue, et, faisant fi du danger, fonça au galop sur le Léviathan. Ses guerriers poussèrent une immense clameur et se lancèrent à sa suite en soufflant dans leurs cors.

Lawrence ferma les yeux, craignant le pire. Pendant une minute, il y eut des cris, des bruits de chocs, puis le silence. Il rouvrit les yeux.

Les six cents chameaux avaient été taillés en pièces et dévorés par les fonctionnaires, qui achevaient d’en nettoyer les os avec délectation. Pire encore, les six cents chameliers avaient accepté un travail emploi-jeune dans un obscur service occupant une fraction infime du torse de la machine administrative. Désarmés, les cheveux gominés, les muscles avachis et le ventre bien rond, ils semblaient heureux de leur nouvelle situation. Seul Othmane avait refusé de se laisser corrompre par le système ; le corps affreusement mutilé, il gisait sans vie sur le sol à quelques mètres du géant.

Lawrence fit faire demi-tour à sa moissonneuse pour rejoindre son armée, qui s’était regroupée plus au nord. Le Léviathan eut un moment d’hésitation, puis se lança à sa poursuite. Voyant le monstre approcher, les archers lillois qui avaient survécu à la charge des paladins francs bandèrent leurs arcs et décochèrent plusieurs volées de flèches sur la cible géante, abattant de nombreux plumitifs. Cependant, les plaies se coagulaient dans la seconde avec l’arrivée de stagiaires, et la créature poursuivait sa route comme si de rien n’était. Tout semblait perdu.

Le chef picard leva la Tambutcheuse haut dans le ciel et décida de jouer le tout pour le tout. Il entonna les premiers vers de « La Terre Natale », le célèbre poème de Philéas Lebesgue (1869-1958). S’apprêtant à vivre leur dernière bataille, ses hommes joignirent leurs voix graves à celle de leur meneur :

 

Ô mon pays
Pour le refrain de tes mésanges,
Pour tes bouvreuils et tes ramiers,
Pour tes près verts et tes pommiers,
Pour le blé qui comble tes granges,
Je voudrais te léguer un chant,
Ô mon pays, un chant d'amour,
Simple et touchant,
Que redise l'homme du labour
Et le pasteur au coin du champ...

 

Un sentiment de paix et de sérénité gagna le cœur des natifs de Picardie, et l’herbe se mit à bruisser dans une brise légère qui dispersa la puanteur des cadavres. Les corbeaux qui volaient en cercle autour du champ de bataille s’enfuirent à tire d’aile, faisant place à une faune plus colorée. Des fleurs jaillirent du sol avec un « pop ! » sonore, et une brume paranormale s’écoula sur la plaine, baignant tout dans les nimbes. De toute évidence, la nature tramait quelque chose d’inhabituel.

Le Léviathan s’immobilisa, et le vacarme de ses machines à écrire s’interrompit. De toute évidence, l’administration était perplexe. Les brumes avaient formé un nuage vertical, rivalisant de hauteur avec le titan fonctionnarial qui se dressait face à lui, et lorsqu’il se dissipa, ce fut pour laisser apparaître une deuxième allégorie géante.

Face à la méchante figure de l’État, se dressait celle, incomparablement plus douce, du Pays réel sur lequel il s’était bâti et qui l’opprimait. C’était l’incarnation, dans le monde matériel, du Génie picard, la force bénéfique qui fait pousser les endives, dorer les blés et fleurir les betteraves. Un être spirituel, plus ancien que la plus ancienne des villes, et qui souffrait depuis trop longtemps d’être piétiné par les Francs accapareurs et pleins de morgue. Les pieds comme les sabots d’un cheval préhistorique, les bras sombres et noueux comme de vieux arbres, le visage betteravoïde à moitié couvert de lichen, le Pays serra ses poings de granit et se mit en position de combat. Après un moment d’hésitation, le Léviathan l’imita.

Les soldats dispersés sur le champ de bataille évaluèrent les forces en présence. D’un côté, un « monstre froid », crée par les hommes mais animé d’une vie propre et artificielle. De l’autre, l’âme d’un espace naturel façonné par des millions d’années de forces géologiques, météorologiques et climatiques. Les deux adversaires se disputaient un même enjeu, à savoir un troupeau d’humains dont ils cherchaient à façonner l’identité. De toute évidence, ça allait fuser.

« Mieux vaut nous éloigner ! lança Lawrence à ses hommes en faisant faire demi-tour à son tracteur. Les conséquences philosophiques de ce duel auront sans doute d’importantes retombées sur le paysage alentour ! »

Le génie picard décocha un direct du droit au Léviathan, qui encaissa le choc et se protégea le visage de ses poings. Les deux monstres tournèrent l’une autour de l’autre pendant une minute, attentifs à la moindre distraction de leur vis-à-vis. Puis l’État prit l’initiative en empoignant une trentaine de gratte-papiers et en les balançant sur la tête du géant vert, comme autant de projectiles vivants. Les fonctionnaires s’agrippèrent tant bien que mal aux racines, tubercules et branches qui dépassaient du crâne de l’esprit de la forêt, et entreprirent de lui taper dessus à coups de crayons et de tampons-encreurs. L’homme-arbre poussa un rugissement de haine, balaya les parasites d’un revers de main et flanqua une grosse baffe à la machine administrative, qui s’écroula au sol mais parvint à s’agripper aux jambes de son rival et à l’entraîner dans sa chute. Les deux monstres roulèrent l’un sur l’autre en écrasant tout sur leur passage.

« Impressionnant. » commenta Lawrence en observant la lutte des titans depuis la crête d’un talus. Michel  avait quitté son régiment de porteurs de fourches pour venir s’asseoir aux cotés de son maître, et gueulait des encouragements en patois entre deux bouchées de pop-corn.

Le génie du terroir était parvenu à immobiliser son rival, et l’étranglait entre ses mains végétales. L’esprit semblait à deux doigts de la victoire, mais c’était compter sans la ruse de son ennemi, qui ordonna à vingt cadres parmi les plus dévoués de l’administration franque de quitter leur département pour escalader le corps du géant vert et mettre le feu à sa chevelure de salades. Folle de rage, l’allégorie bondit sur ses jambes et courut vers l’étang le plus proche afin d’éteindre ce début d’incendie. Voyant le géant momentanément hors de combat, le Léviathan tourna sa tête sans visage sur les vestiges de l’armée picarde, serra les poings, et claudiqua dans sa direction.

Lawrence ordonna à son écuyer de rejoindre son unité, et s’apprêta à faire sonner une charge désespérée sur le monstre. Il n’en eut pas besoin. L’ennemi s’immobilisa  soudainement, porta la main à son cœur, puis s’effondra lourdement sur le dos.

« Qu’est-ce que… marmonna Michel en recrachant un pop-corn. 

- Regarde. » fit son maître.

L’individu collectif maigrissait et rapetissait à vue d’œil. Plusieurs millions d’hommes et de femmes s’étaient extirpé de la carcasse géante, l’air endimanché et un panier à pique-nique à la main. Bientôt, tous s’égayèrent dans la campagne environnante.

Instinctivement, Lawrence jeta un coup d’œil à sa montre. Il était dix-huit heures dix ; les fonctionnaires rentraient chez eux.

Le Front de Libération des Braves Gens avait vaincu.

 

ÉPILOGUE

 

Jeff Ping se cramponna à une racine et se hissa hors de la crevasse où il se trouvait coincé entre deux blocs granitiques. Il resta un moment prostré sur l’îlot rocheux, puis se remit péniblement sur ses pieds. Une vilaine blessure s’étirait sur son épaule, et de la fumée s’échappait de ses vêtements noircis. Autour de lui, la partie est de son Empire achevait de se consumer dans la lave.

Tout était de la faute de cet agent occidental, dont il ne connaissait pas le nom mais dont il se souviendrait toujours du visage. Un visage qu’il lui tardait de défoncer à coups de pioche.

D’ici à quelques heures, le magma aurait fini de refroidire, et il deviendrait possible de passer d’un bloc rocheux à un autre sans risquer de se dissoudre. L’Empereur n’était pas le seul à avoir survécu à la catastrophe ; il distinguait plusieurs dizaines de ses sujets, qui tous se tenaient assis ou debout sur une petite île au milieu de la mer de feu, attendant de pouvoir s’aventurer au-dehors. Aucun ne marquait de signe d’impatience ; après tout, ils avaient l’éternité devant eux.

Jeff croisa les bras sur sa poitrine. L’éternité était plus que suffisante pour rebâtir un État puissant et le mener vers la suprématie mondiale. Il lui faudrait rétablir son autorité sur les autres survivants, accuser Chang de l’échec de son projet, s’assurer que les provinces de la périphérie de son Empire n’étaient pas en état d’insubordination et enfin mettre sur pied une politique nataliste pour compenser les pertes immenses de ces derniers jours. Avec un peu de chance, l’immortalité se transmettrait même aux enfants de la nouvelle Cathay comme une bénédiction héréditaire.

Le dictateur retira sa chemise et la noua autour de son épaule blessée. Puis il tourna les yeux vers l’Ouest, et se mit à sourire.

 

Toronto (Ontario), décembre 2005 —

Le Mesnil-Drez (Manche), août 2006.

 

AINSI S’ACHÈVE LAWRENCE DE PICARDIE, 2083ème ÉPISODE DES CHRONIQUES DU MONDE MODERNE.

 

 

Par BoArts - Publié dans : Lawrence de Picardie
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Mercredi 16 mai 2007

LAWRENCE DE PICARDIE ÉPISODE 6

 

Résumé des épisodes précédents : Lawrence de Picardie, le célèbre indépendantiste picard, vient de ruiner les plans d’invasion du monde occidental de Jeff Ping, le tyran de Cathay. En récompense de ce service, il est censé obtenir la libération de son peuple. Mais Ségolin Mérovée, le Fromage de Tête de la République franque, de même que son Maire du Palais, le perfide Gilles de Robien, ne l’entendent pas de cette oreille…

 

            « J’ai ensuite pris le premier galion pour l’Europe, et me voilà de retour. » conclut Lawrence en s’étirant sur le fauteuil à bascule. Devant lui, se tenaient Ségolin Mérovée et Gilles de Robien, qui avaient écouté sans broncher le récit de l’épopée du séparatiste. Le Fromage de Tête mâchonnait un cigare d’un air pensif ; le Maire du Palais parlementait silencieusement avec ses charentaises.

« Je crois me souvenir d’une certaine promesse que vous m’aviez faite, à moi ainsi qu’à mon peuple, insinua l’aventurier.

- Oui, oui, bien sûr, marmonna Mérovée. Vos vœux seront exaucés. 

- Signez ici, je vous prie, grommela son chef du gouvernement en tendant un stylo Bic et un parchemin déroulé à l’indépendantiste.

- Merci bien. » fit Lawrence d’un ton sec en s’emparant du traité de sécession.

Alors qu’il se penchait sur les termes du contrat, il y eut un claquement sec. Une fléchette s’était plantée dans le dos de son fauteuil, à quelques millimètres de son cou.

Notre héros releva les yeux sur ses hôtes, bondit hors de son siège et, vif comme l’éclair, fit voler d’un coup de pied bien placé le « cigare » du chef de l’État franc.

« Une sarbacane… cracha-t-il en s’approchant lentement de Mérovée.

- Ce n’est pas ce que vous croyez… bredouilla ce dernier en se faisant tout petit sur son rocking-chair.

- Gardes ! s’écria De Robien en s’extirpant du sien. Arrêtez cet homme ! »

Les gardes helvètes qui faisaient le planton dans la salle du Conseil empoignèrent leurs hallebardes et chargèrent Lawrence au pas de course. Ce dernier, qui avait du déposer sa rapière à l’entrée du palais, n’en avait pas moins prévu l’éventualité d’une trahison et dissimulé une dague sous son épaule gauche. Il s’en saisit et la projeta sur la sentinelle la plus proche, qui s’étreignit la gorge avant de s’effondrer. L’aventurier sauta sur le corps inerte du garde, en arracha la dague et partit en courant vers la porte, les autres Helvètes sur les talons. Il traversa plusieurs vestibules, esquivant les hallebardiers qu’il rencontrait, puis sortit du Palais Fromager et en descendit les marches de quatre en quatre. Au bas de l’escalier l’attendait Michel sur son tracteur.

« Grimpez dans la benne, patron ! » fit ce dernier en voyant son maître poursuivi par un régiment entier de mercenaires. Lawrence ne se le fit pas dire deux fois, et les deux hommes foncèrent à toute vitesse vers le nord. Vers la Picardie.

 

***

 

Charlène Deséchardes, pauvre paysanne du Vermandois rendue famélique par des années de travail forcé, s’appuya sur sa bêche et, laissant errer son regard fatigué sur les champs alentours, se demanda où pouvait bien être Thomas-Édouard, l’ancien propriétaire des terres sur lesquelles elle peinait sous le joug des Francs. Thomas-Édouard était un bon seigneur, un métayer qui savait parler à ses gens avec ses propres mots et dans sa propre langue. Son mari, qui avait perdu une jambe lors de la guerre d’indépendance de la Picardie, le voyait comme un raconteux d’cacoules et un fauteur de guerres, mais elle savait au fond de son cœur que « Lawrence » était un homme juste, et qu’il aurait pu mettre un terme aux souffrances de son peuple. Sans doute avait-il péri sous la torture dans quelque cachot franc.  

« Remets-toi au travail, vieille bique, ordonna une sentinelle en la frappant du plat de sa scramasaxe.

- Arrêtez de befehler et laichez-mi donc écouter un peu l’poste. » protesta Charlène en se baissant pour tourner le bouton du transistor Méga FX que son petit-fils Jimmy lui avait acheté pour son anniversaire, avant qu’il ne soit déporté dans les usines de Senlis pour avoir insulté un officier franc.

Le soldat haussa les épaules et reprit son tour de garde. La paysanne se remit à travailler en écoutant Francie Bleue Picardie, quand la musique s’arrêta tout à coup, pour faire place à une succession de bruits confus : hurlements, lames qui s’entrechoquent, explosions. Enfin, la voix douce et posée d’un homme qui n’était pas l’un des speakers habituels de la station amiénoise lut le discours que voici : « Picards, Picardes, mes compatriotes. Ici votre ancien chef de guerre Lawrence, depuis la station d’émission radiophonique d’Amiens-Nord. Je sais que certains d’entre vous me haïssent pour vous avoir entraîné dans une guerre mal préparée, avec le secours d’alliés peu fiables. Cependant, ne jetez pas la pierre sur l’homme qui a essayé sans succès de vous faire justice ; attaquez-vous à la cause du problème. N’avez-vous pas suffisamment souffert sous le règne illégitime de Mérovée ? »

Charlène releva la tête. Autour d’elle, les péons s’entre-regardaient, et dans leurs yeux se lisaient la même détermination et la même révolte.

« J’ai confiance en vous, poursuivit la voix chaude du guérillero. Il y a sept ans, le 4 juillet 2076, les Conseils généraux des départements de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme se sont joints à moi pour signer la déclaration d’indépendance de la Picardie. Les termes de cette déclaration sont toujours valides, et rien dans la situation actuelle ne justifie son retrait. C’est pourquoi je vous demande d’entamer aujourd’hui un soulèvement général ; car demain, nous nous battrons côte à côte au champ d’honneur. »

Charlène sourit. Lentement, goûtant chaque seconde de ses mouvements, elle brandit sa bêche par-derrière le garde-chiourme qui l’avait insulté et la lui abattit sur la nuque. Il y eut un craquement sec, et le lanceur de haches s’effondra au sol, le nez dans la glèbe.

« Suirez-mi, dit-elle aux péons qui l’observaient. Y’a encore biaucoup de ces horsains-là à ébreuiller avant que l’nut qu’minche. »*

 

Le lendemain, cinq juillet 2083, les troupes picardes se rassemblaient pour affronter les armées franques, qui avançaient à marche forcée vers le nord pour reprendre le contrôle de la région. Les deux armées se rencontrèrent dans la plaine qui s’étend entre les bourgs de Chantilly et Senlis, et se préparèrent pour la bataille.

Les légions franques, placées sous le commandement direct du Fromage de Tête Ségolin Mérovée, se composaient assez classiquement d’un noyau dur de piquiers helvètes, flanqué de part et d’autre d’une horde de lanceurs de hache en pantalons rouges et képis bleus, de paladins aux armures ornementées et de taxis de la Marne pleins à craquer de fous de guerre armoricains. Huit cents arbalétriers génois ouvraient la marche, déployés en marche dispersée et prêts à se replier derrière les rangs franco-helvètes dès que l’ennemi s’approcherait de trop prêt.   

À un peu moins de mille mètres de cette cohorte, se déployaient les forces inférieures en nombres et mal équipées du Front de Libération des Braves Gens (FLBG), l’organisation séparatiste picarde. La région avait beaucoup souffert de la dernière guerre, et seuls trois mille chevaucheurs de vaches, la fine fleur de l’armée régionale, avaient pu être mobilisés pour cette bataille, le gros des troupes se constituant de fantassins sans autre armure que leur courage et leur maillot de corps. À ces paysans armés de greuets – fourches recourbées - et de tinels – gros bâtons – qui avaient déjà montré leur efficacité lors de la grande jacquerie du Beauvaisis (21 mai 1358), s’ajoutait une compagnie d’archers lillois : ces hommes du Nord, qui s’exprimaient dans un parlache proche du picard, avaient décidé de venir au secours de leurs frères opprimés et s’étaient déployés en première ligne. Enfin, une batterie de catapultes à betteraves avait été déployée à la hâte sur une ligne de talus, à une quarantaine de mètres à l’arrière du gros des troupes.

Toujours au volant de sa moissonneuse, Lawrence inspectait ses hommes, raffermissant les indécis dans la justesse de leur combat et calmant l’impatience des plus enragés.

« N’leux mintrez pont d’pitié, car is n’in mintront pont nin plus**. » fit-il en arrêtant son véhicule devant la ligne des archers nordistes. (*« Suivez moi. Il faut éventrer ce qui reste de ces étrangers avant l’aube. » **« Ne faites preuve d’aucune pitié, car ils n’en montreront aucune. »)

Devant eux, l’avant-garde franque s’était mise en branle, avançant au pas de l’oie sous le soleil de midi. 

« Attendez mon signal pour décocher vos flèches. » ordonna Lawrence.

Le gros de l’armée franque s’arrêta, laissant les mercenaires génois progresser de quelques mètres encore.

« Maintenant ! » tonna le chef de guerre.

Une volée de projectiles s’abattit sur les Ligures, en tuant un grand nombre. Derrière eux, les piquiers helvètes reprirent leur avancée, se protégeant derrière leurs grands boucliers rectangulaires. Tandis que les Lillois se préparaient à tirer à nouveau, Lawrence se tourna vers ses hommes et leva deux doigts de la main droite, signe que les onagres pouvaient entrer en action. Vingt-cinq tonnes de betteraves sucrières de la variété « Rébecca » volèrent en cloche dans le ciel et retombèrent en pluie sur les rangs serrés des montagnards, qui constituaient une cible parfaite pour une telle attaque. Alors que les mercenaires espaçaient leurs rangs pour limiter les dégâts d’un nouveau bombardement, une nouvelle volée de flèches s’abattit sur eux, déclenchant un début de panique que Lawrence décida d’exploiter.

« Chargez ! » hurla-t-il en levant bien haut sa rapière et en fonçant en quatrième vitesse sur le centre de l’armée ennemie, talonné par les trois mille chevaucheurs de vaches. Laissant les régiments de fantassins derrière elle, la marée de bovins en furie enfonça largement la formation helvétique, ne perdant que peu d’hommes sous le feu des arbalétriers survivants. Toutefois, l’arrière-garde des mercenaires parvint à se regrouper derrière un mur infranchissable de piques, sur lesquelles les boviniers picards vinrent s’empaler par centaines.

Momentanément désemparé, Lawrence fit faire demi-tour à la Tracy Temple et ordonna un repli stratégique. Malheureusement, ses forces offensives s’étaient coupées du reste de ses troupes… Ségolin Mérovée, qui commandait à son armée depuis un char tiré par quatre étalons blancs, éclata d’un rire sardonique et ordonna aux deux ailes de son dispositif d’encercler les vachers picards.

Ces derniers, se voyant coupés la route de la retraite et sachant leurs montures presque mortes de fatigue, abandonnèrent leurs lances pour leurs épées et firent cercle autour de leur général, prêts à vendre chèrement leur peau face aux Franco-Helvètes. Plus au nord, la cavalerie franque avait été envoyée charger la piétaille picarde, afin de laisser le temps à l’infanterie d’en finir avec les bovins.

Juché sur sa moissonneuse-batteuse, Lawrence de Picardie contemplait la ruine de son grand projet. Partout, les Francs et leurs alliés gagnaient du terrain, empêchant toute retraite aux indépendantistes et les épuisant par des charges successives, comme on saigne un taureau avant de l’achever.

Le chef de guerre abattit le plat de sa lame sur le crâne d’un Franc qui escaladait son véhicule, puis fit faire une brusque embardée à l’engin agricole, culbutant trois Armoricains armés de massues. S’il fallait mourir, autant le faire en beauté ; poussant un cri de guerre, Lawrence continua sur sa lancée, renversant les envahisseurs sur son passage et gardant les yeux fixés sur l’horizon sanglant de son destin.

 

***

 C’est alors que retentit la note puissante d’un cor de chasse. Francs, Helvètes, Génois, Lillois et Picards regardèrent en tout sens d’un air effaré alors que deux, puis trois, puis une centaine d’autres cors se faisaient entendre.

Du sud et de l’est avaient surgi sept cents chameliers d’Afrique septentrionale, menés par le fier Othmane Chanaoui.

« En avant, et ne craignez point les ténèbres ! hurlait le Maure. Levez-vous, levez-vous, cavaliers d’Afrique ! Les lances seront brisées, les boucliers voleront en éclats ! Ce sera un jour de guerre… un jour rouge… jusqu’à ce que le soleil se lève à nouveau ! »

Les fantassins qui encerclaient Lawrence et sa suite furent littéralement balayés par les nouveaux arrivants. Plus au nord, les paladins francs firent volter leurs destriers et tentèrent une contre-charge. Mais leurs montures avaient une peur irrationnelle des chameaux, et ils furent défaits. L’armée picarde était sauve.

Les Sarrasins, qui n’avaient perdu qu’une centaine d’hommes, rejoignirent enfin Lawrence. Ce dernier s’était placé face au char de Ségolin Mérovée et s’apprêtait à l’éperonner de sa moissonneuse-batteuse. 

« Il est à moi. » fit le leader indépendantiste sur un ton sans appel. Othmane hocha lentement la tête et fit signe à ses hommes de ne pas intervenir, quelle que fût l’issue du combat. 

« Je vous accorde une dernière chance ! » décréta le Fromage de Tête. Appuyé sur sa lance, Mérovée se tenait debout sur son chariot de guerre et souriait d’un air malsain. Il y avait anguille sous roche.

« Je ne vous entends pas très bien… fit Lawrence, d’un air vaguement décontenancé.  

- Vous savez très bien ce que je veux dire, rétorqua le chef de l’État. Cette guerre est inconstitutionnelle. La nation est une et indivisible : la Picardie, c’est la Francie.

- La nation est une âme, un vouloir-vivre ensemble, protesta l’aristocrate. Le fondement d’une nation se trouve dans un choix, et ce choix, mon peuple l’a fait il y a cinq ans, un certain 4 juillet.

- Vos idées sont absurdes et dangereuses. L’on ne choisit pas la nation à laquelle on appartient, de même que l’on ne choisit pas sa famille. Si la liberté individuelle et le volontarisme avaient à y faire quoi que ce soit, chaque être humain pourrait se proclamer une nation à lui tout seul. La Cité serait subvertie, morcelée en factions rivales se bricolant des identités propres, et enfin dissoute dans la somme des intérêts égoïstes de chacun. Souvenez-vous de ce qui est arrivé à la République fédérale de Panillyrie, dans les Balkans.

- Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, protesta Lawrence. Les nations sont plus que l’accord des libertés particulières des individus qui les composent. Une nation, c’est aussi une Histoire.

- Une Histoire, ça se manipule, ça s’instrumentalise, répliqua le Fromage de Tête en haussant les épaules. Vous le savez tout autant que moi, vous qui avez forgé une légende à votre peuple. La vérité, c’est que la Picardie a été le berceau de la Francie.

- C’était peut-être vrai il y a mille ans, admit l’indépendantiste. Mais jamais l’Histoire ne devrait condamner les peuples à des mariages forcés. 

- Essayez d’expliquer ça à mon petit ami. » fit Mérovée en claquant des doigts.

Un bruit de tonnerre fit trembler la terre, faisant déblatérer les chameaux, meugler les vaches et sursauter les hommes.

Une ombre immense avait plongé le champ de bataille dans l’obscurité. L’ombre d’un être que chaque Picard, au plus profond de son cœur, révérait et craignait en même temps. Une entité aussi ancienne que la civilisation, et qui avait au cours des âges pris des formes très variées, s’incarnant tour à tour et simultanément dans un dieu, dans un homme ou dans une assemblée. Une créature invincible, aussi incompréhensible que l’Être Suprême, et qui ne connaissait d’autres lois que les siennes propres.

L’État.

 

Lawrence et ses compagnons parviendront-ils à vaincre l’État unitaire, ce monstre froid pour qui les particularismes régionaux sont autant de tares anticonstitutionnelles ? C’est ce que vous saurez dans le prochain épisode de notre grande saga rurale, Lawrence de Picardie.

Par BoArts - Publié dans : Lawrence de Picardie
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Mardi 15 mai 2007

LAWRENCE DE PICARDIE ÉPISODE 5

Résumé des épisodes précédents : Dans le cadre d’un marché avec le Fromage de Tête de la République franque, le célèbre indépendantiste Lawrence de Vermandois et son écuyer Michel doivent empêcher l’Empereur de Cathay, Jeff Ping, d’envahir le monde libre. Après avoir rendu sa population immortelle en lui faisant boire le sang du Christ, il l’a réuni le long d’une immense ligne Nord-Sud. La prochaine étape est simple : si les deux milliards de Cathaens se mettent à courir en surplace, ils accéléreront la rotation de la Terre sur elle-même, et donc le déclin du monde occidental. Les Asiatiques immortels n’auraient alors plu qu’à exterminer une poignée de vieillards pour dominer le globe.

Alors que le plan de Ping va être mis à l’œuvre d’un moment à l’autre, Lawrence, Michel et un jeune djihadiste du nom d’Othmane Chanaoui s’approchent discrètement de la ligne des coureurs...

 

Les aventuriers parcoururent Cathay d’est en ouest, traversant tour à tour les provinces de Ganau, de Mogolie intérieure et du Hebei. Partout, ils trouvèrent les villes et les villages abandonnés, signe que la mobilisation de la population se poursuivait malgré les sanctions onusiennes. Il apparut d’ailleurs aux trois hommes que les barreaux des parties orientales et occidentales de la cage avaient été presque complètement limés, comme pour faire passage à une armée de front. Sans doute la mise en œuvre du plan de Jeff Ping était-elle imminente ; bientôt, deux milliards de Cathayens immortels se mettraient à courir en sur-place, accélérant le mouvement de la Terre, et avec elle le déclin de l’Occident. Le rapport de force entre les deux « blocs » s’inverserait au bout de quelques heures, et plus rien ne s’opposerait à la domination du monde par la gangrène communiste. La Picardie ne ferait pas exception.

« Combien de jours encore jusqu’à la ligne des coureurs ? cria Michel à Othmane, qui ouvrait la marche sur son chameau de combat.

- Nous y sommes ! » annonça l’éclaireur. Nos héros étaient parvenus au sommet d’une montagne de déchets industriels comme il en existait des centaines à l’est de Cathay, et d’où l’on avait vue sur une vaste plaine rendue stérile par la surexploitation agricole.  Une interminable ligne de coureurs s’y étirait du nord au sud, la coupant en son milieu comme une cicatrice de césarienne sur l’abdomen d’une vieille femme. L’Empereur de Cathay se tenait à quelque distance de la ligne, vautré sur son palanquin doré.

« La dernière étape de notre mission, fit Lawrence.  

- Et de notre vie terrestre, ajouta le Maure, bien décidé à mourir en martyr.

- On fait comme on a dit, alors ? » demanda Michel.

Les deux autres hochèrent lentement la tête et dégainèrent leurs rapières. L’écuyer haussa les épaules et s’empara de son gourdin. Il n’avait pas tout compris au plan de son maître, mais il lui avait paru bon.

            Dans un terrifiant grondement de moteur, la Tracy Temple et le David Blunkett foncèrent sur les Cathayens, suivis par Othmane qui hurlait un vieux chant berbère. L’effet de surprise fut total, et les aventuriers renversèrent plusieurs douzaines d’Asiatiques, les faisant passer sous les roues surdimensionnées de leurs tracteurs ou leur tranchant la tête au terme de complexes chorégraphies martiales. Cependant, leurs ennemis étaient nombreux et immortels, et ils ne pouvaient espérer les vaincre par la violence ; Lawrence le savait bien, et toute sa stratégie visait à contourner cet inconvénient.

Les trois hommes passèrent à grande vitesse devant la ligne déjà à moitié défaite des Cathayens. Cette manœuvre de provocation fonctionna à merveille : de nombreux coureurs rompirent les rangs pour se jeter à la poursuite des trois étrangers. 

            « Bigre, lâcha l’Empereur Ping. Ces imbéciles vont faire rompre les rangs à mes hommes… » Il sortit un talkie-walkie de sa poche et ordonna à ses relais de mettre en route l’opération sans prendre garde à l’intrusion.

            La directive fut suivie, et les Cathayens qui ne s’étaient pas lancé à la poursuite des assaillants se mirent aussitôt à courir en surplace dans la direction du Levant.

Lentement, imperceptiblement, la Terre commença à tourner sur son axe à une vitesse certes assez lente, mais néanmoins perceptible à l’œil nu.

« Ça commence ! hurla le chef picard en faisant piler son véhicule. Faisons tout de suite demi-tour ! »

            Ses deux compagnons obtempérèrent, et chargèrent la foule de leurs poursuivants, qui, surpris, s’écartèrent pour leur laisser passage. Ils rejoignirent ainsi la ligne des coureurs, qu’ils brisèrent en plusieurs endroits.

            « Mais c’est qu’ils reviennent… ! s’étrangla l’Empereur dans son talkie-walkie. Attrapez-les et mettez-les en pièces ! » Les étrangers s’étaient vus accorder l’occasion de fuir ; à présent, plus aucune pitié ne leur serait octroyé. Les deux milliards de Cathayens se ruèrent simultanément sur les trois hommes, les encerclant comme des phagocytes autour d’une bactérie particulièrement tenace.

            « Nous sommes faits ! » glapit Michel en s’efforçant de repousser les assaillants à coups de gourdin. Des dizaines de mains avides essayaient de le faire glisser de son tracteur, et ses deux compagnons ne se trouvaient pas dans une situation plus enviable.

            « Cela devrait marcher… » fit Lawrence entre ses dents. Le chevalier faisait tournoyer la Tambutcheuse au-dessus de sa tête, l’abaissant régulièrement sur un Cathayen essayant d’escalader son véhicule. Mais les Asiatiques avaient acquis une fraction de l’immortalité christique, et, même décapités, finissaient toujours par se relever et repartir à l’attaque.

            Le séparatiste picard ferma les yeux, et murmura une prière silencieuse au Seigneur. La foule des zombies se faisait à chaque seconde plus dense autour de lui, au point de faire craquer la terre en-dessous d’eux.

            Lawrence sourit. Comme prévu, son sacrifice et celui de ses amis ne serait pas vain : la terre se couvrait déjà d’épaisses lézardes. Incapable de supporter le poids de deux milliards de Cathayens tous réunis sur une même fraction de sa surface, la lithosphère se fissurait à grande vitesse et commençait à s’effondrer sur elle-même. Nos trois aventuriers se cramponnaient tant bien que mal à leurs montures ; autour d’eux, leurs ennemis étaient engloutis par les gouffres qui se formaient sous leurs pieds. Des geysers de lave avaient percé de la surface terrestre, et arrosaient ceux qui n’étaient pas avalés par les profondeurs.

            « Mission accomplie… » murmura le chef de guerre, auquel la conscience de se sacrifier pour la liberté du peuple picard donnait un aspect angélique. Il avait vaguement conscience des gens qui mouraient autour de lui, du grondement terrifiant de la terre et de la présence à ses côtés d’Othmane Chanaoui qui criait « Uallah akhbar ! » en poussant ses adversaires dans la lave. Puis une corde lui rebondit sur la tête. Il leva les yeux, et aperçut le pigeon mécanique de Clément Ader Wright qui faisait du surplace à une quarantaine de mètres au-dessus de lui.

            « Lawrence, montez ! » lui adjoignit l’aviateur, qui lança deux autres cordes pour ses collègues.

            « Othmane, nous mourrons en martyr un autre jour ! cria le Picard.

- Khrate ! pesta le Sarrasin en empoignant la corde et en se hissant jusqu’à l’avion, emportant son chameau entre ses jambes serrées.

- J’arrive aussi ! » ajouta Michel.

Une minute plus tard, les trois hommes étaient sains et saufs sur la banquette arrière de l’aéronef, et filaient vers La Grosse Pomme, laissant l’Empire de Cathay se dissoudre dans la lave en punition de leurs aspirations hégémoniques.

 

A présent que l’Empire de Cathay est neutralisé, les Francs accepteront-ils d’accorder l’indépendance à la Picardie ? C’est ce que vous saurez dans le 6ème et dernier épisode de notre grande saga rurale, Lawrence de Picardie.

 

Par BoArts - Publié dans : Lawrence de Picardie
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Mardi 1 mai 2007

Lawrence de Picardie, épisode 4 : du Nouveau Monde à Cathay

 

Résumé des épisodes précédents : Lawrence de Picardie, le célèbre guérillero indépendantiste picard, a été libéré de la prison d’Etat de Watigny. Ségolin Mérovée, le Fromage de Tête de la République franque, lui a promis d’accorder la liberté à son peuple s’il parvient à déjouer les plans de domination mondiale de Jeff Ping, le tyrannique Empereur de Cathay.

Au début de cet épisode, Lawrence et son écuyer Michel viennent d’arriver à La Grosse Pomme à bord d’un pigeon mécanique géant. Leur but : convaincre l’Assemblée générale de l’ONU de les aider à vaincre Jeff Ping…

 

5

 

La salle de réunion hémicyclique de l’AGNU bourdonnait des susurrations parfumées des diplomates et des vibrations de leurs téléphones portables en mode veille de nuit. Fait curieux, la plupart avaient l’accent kébécois. En effet, au cours du vingt-et-unième siècle, tous les pays du monde avaient fini par perdre confiance en l’efficacité des forumes internationaux et par s’en remettre à la Realpolitik – tous, sauf le Khanada, qui, seul confiant dans un avenir de paix, de prospérité et de respect des droits sacrés de la personne humaine, continuait d’envoyer ses représentants dans les instances onusiennes.

Tout en leur expliquant ce qui vient d’être dit, Patrick introduisit Lawrence et Michel dans un petit balcon qui protubérait sur le mur sud de l’enceinte parlementaire internationale, et d’où ils purent assister à la séance sous-décrite en mangeant du pop-corn.

La nouvelle secrétaire générale de l’Organisation, une célèbre femme-tronc montréalaise prénommé Lucienne-Pauline, jaillit d’une grosse boîte en carton placée au centre de l’hémicycle, se balançant au bout d’un ressort métallique rigolo en riant comme une otarie. Cette entrée en matière laissa les Khanadiens de marbre, car en Amérique il est interdit de se moquer des fous et des handicapés. Lorsqu’elle fut calmée, Lucienne-Pauline sortit un papier de la poche de sa veste, et se mit à lire d’une voix solennelle : « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la situation des droits fondamentaux des personnes humaines est désastreuse en Extrême-Orient. Il nous faut agir, et agir vite. Je suggère de « faire un exemple » dans la région en châtiant le régime totalitaire de Jeff Ping. Vous êtes partants ?

- Ouais ! approuvèrent en chœur les quatre cents cinquante Khanadiens en levant le bras droit de façon assez ambiguë.

- Bien ! Mon plan d’action est le suivant : nous allons enfermer Cathay dans une gigantesque cage en forme d’Empire du Milieu. L’enfermement durera aussi longtemps que le Parti Communiste local empiétera sur les droits des Lamaïens et refusera le multipartisme.

- Ouais ! réapprouvèrent les diplomates.

- Un problème technique, cependant, se pose à l’Organisation… fit observer la secrétaire en repliant sa feuille de discours et en la réinsérant dans sa poche. Comment déplacer une cage aussi énorme ?

- Je sais ! intervint Lawrence en se levant de son strapontin, du pop-corn plein la veste. Mon ami Clément Ader Wright a mis au point un oiseau mécanique capable de porter des charges très lourdes dans les airs, notamment des tracteurs et des moissonneuses batteuses. Je ne doute pas qu’une escadrille entière de ces engins ne soit capable de transporter la cage dont vous parlez jusqu’en Asie. »

L’aristocrate eut droit à un tonnerre d’applaudissements ; dans la foulée, l’Assemblée générale lui décerna le Prix Nobel de la Paix et le chargea de guider les aéronefs porteurs de la cage jusqu’en Asie.

Plus tard, alors qu’il s’éloignait de La Grosse Pomme au bord d’un bus Gros-chien-gris pour assister à la fabrication de la cage géante, Lawrence se mit à réfléchir aux moyens de venir à bout d’une armée d’immortels. 



 

6

 

Les premiers coureurs s’étaient mis en place le long de la ligne Mogolie-Iunnan, et un Garde Rouge leur déposait à chacun sur la langue une goutte du précieux sang du Christ. À chaque heure, d’autres Cathayens arrivaient de toutes les provinces de l’Empire ; d’ici quelques semaines, le plan de Jeff Ping serait mis à exécution.

Ce dernier se tenait sur un trône d’or porté par quatre esclaves nord-koryoïtes, et inspectait les préparatifs, saluant de temps à autre ses sujets d’un hochement de tête paternaliste. Un sourire irrégulier, signe d’une mégalomanie en phase terminale, s’étirait d’un bout à l’autre de son visage impérieux, et il se frottait les mains d’un air impatient, les plongeant de temps à autre dans un paquet de chips Vico inséré à son palanquin.

« Maître ! s’écria soudain Chang, qui le suivait au pas de course avec un parasol. Maître ! Regardez ! »

L’aficionado pointait un doigt tremblant sur le ciel, où se tramait quelque chose de pas normal. Trente-six colombes mécaniques, réparties en deux escadrilles et frappées du drapeau des Nations Unies, avançaient dans le ciel, un gigantesque dôme-prison agrippé entre leurs serres d’aluminium.

« Diantre… murmura le despote tandis que les ombres parallèles des barreaux de la cage s’étiraient sur les plaines de son Empire. Les Occidentaux ont du se rendre compte que nous tramions quelque chose. »

Les oiseaux artificiels se rapprochèrent doucement du sol, et les rebords de la cage se posèrent avec fracas sur le tracé exact des frontières cathayennes. L’État voyou était coupé du reste du monde.

« Ils ne font que retarder l’inévitable ! gronda Jeff Ping. Donnez l’ordre aux Gardes Rouges de poursuivre la mobilisation générale. 

- Ce sera fait, Excellence. » consentit le haut fonctionnaire, qui partit briefer les militaires.

Ping jeta un regard panoramique au paysage environnant. Le piège s’était refermé autour de l’Empire du Milieu, et ses sujets semblaient déconcertés.

C’est alors qu’une voix féminine retentit dans le ciel : « Cathayens, Cathayennes ! Ici Lucienne-Pauline, secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies. Au nom des pouvoirs qui me sont conférés, je décrète la mise hors-la-loi et la réclusion de l’Empire de Cathay. Nous enlèverons la cage dès que vous vous serez conformé au modèle libéral proposé par les nations civilisées. Bonne chance. »

Un remous se fit sentir dans la foule des mobilisés ; Ping grinça les dents. « N’écoutez pas cette propagande impérialiste ! rugit-il. Chang !

- Oui, maître ? fit le fonctionnaire, qui était retourné auprès de son employeur.

- Envoyez l’Armée Rouge limer les barreaux de cette stupide cage, gronda l’Empereur. Ah ! Oui, et massacrez quelques Lamaïens, filmez la scène et envoyez ça à La Grosse Pomme. Il faut montrer au monde que jamais Cathay ne cèdera au chantage.

- Vos désirs sont des ordres, Votre Majesté. » approuva le bureaucrate.


 


***

 

Au même moment, Lawrence et Michel se posaient en douceur sur le sol rocailleux du Xinjiang, l’une des provinces orientales de l’Empire du Milieu. Les deux aventuriers avaient opéré la descente à bord de leurs véhicules, que les fonctionnaires des Nations Unies avaient attaché au bas des barreaux de la cage avec du sirop d’érable séché.

Après les en avoir dégagé à coups de canif, Lawrence et Michel s’assirent aux commandes de leurs engins agricoles et s’engagèrent sur une route mal entretenue, qui sinuait péniblement à travers les collines semi-désertiques de la région. Fort heureusement, leurs machines étaient dotées de pneus à toute épreuve, et ils atteignirent bientôt les abords d’un petit village de paysans collectivistes.

« Drôle d’endroit. » commenta Michel alors qu’ils se garaient au milieu du cercle d’habitations. Ces dernières consistaient en des champignons géants à l’aspect comique, et dans lesquels avaient été creusées pièces, portes et fenêtres. Quant à leurs propriétaires, ils se trouvaient à quelques dizaines de mètres du village, et travaillaient à l’entretien de petites parcelles de fruits et légumes. De façon assez surprenante, tous étaient de sexe masculin et portaient un petit bonnet blanc rigolo, à l’exception d’un petit barbu qui portait la coiffe rouge des cadres du Parti Communiste.

« Restons discrets. » chuchota Lawrence, qui s’était accroupi derrière un buisson de ronces. Au même instant, Michel fit craquer une branche sous son pied, attirant sur lui l’attention des maraîchers. L’homme au bonnet rouge lâcha quelques ordres brefs, et les kolkhoziens se rassemblèrent en ordre de bataille, empoignant leurs bêches et leurs pelles.

« Cours te réfugier ! » ordonna Lawrence à Michel en tirant la Tambutcheuse. Il s’avança d’un air de défi vers les villageois, tandis que son écuyer courait vers les véhicules. Mais ceux-ci étaient en cours de confiscation par un autre groupe de Cathayens, menés par un intellectuel maoïste à grosses lunettes.

« Le commissaire au peuple a dit, il ne faut pas laisser les étrangers fouler les terres de notre Empereur. » énonça l’intellectuel sur un ton mécanique. Derrière lui, les paysans se mirent à agiter des fourches et des rouleaux à pâtisserie. Les Picards étaient pris entre deux feux.

« Nous sommes perdus… se lamenta Michel en reculant lentement.

- Pas encore ! » s’exclama un homme qui se tenait debout sur un champignon.

Nos héros tournèrent la tête vers le nouvel intervenant. Il s’agissait d’un Maure au maintien digne, revêtu d’une djellaba blanche et auquel un léger contre-jour conférait un aspect général quasi-prophétique. L’inconnu dégaina un sabre damasquiné et enchaîna une série de roulades qui l’amenèrent juste derrière une jeune villageoise, apparemment la seule femme de la communauté. Plusieurs décennies de politique de l’enfant unique avaient encouragé de nombreux couples cathayens, conscients des privilèges accordés aux garçons, à se débarrasser de leurs rejetons de sexe féminin. Phénomène sociologique, qui, poursuivi sur plusieurs générations, expliquait le fait que dans de nombreux villages de l’Empire, il n’y avait souvent qu’une seule femelle reproductrice.

« Si vous tenez à sa vie, lâchez vos armes et rentrez dans vos champignons. » avertit le Maure en plaçant sa lame contre la gorge de la paysanne.

Il y eut un remous dans la foule, puis les Asiatiques lâchèrent leurs armes et se mirent à reculer lentement. La désobéissance aux commandements de l’Empereur leur paraissait un fardeau moins lourd à porter que la renonciation à leur vie sexuelle.

« Bien… approuva le Maure. C’est ça, déguerpissez. »

Les Cathayens obtempérèrent, et bientôt les trois étrangers se retrouvèrent seuls sur la place du village.

« À qui ai-je l’honneur ? demanda Lawrence en rengainant sa rapière.

- Mon nom est Othmane Chanaoui, répondit ce dernier. Et vous devez être Lawrence de Picardie.

- Comment m’avez-vous reconnu ? s’étonna l’aristocrate.

- Votre nom est synonyme d’héroïsme et de sagesse dans tout le monde mahométan, expliqua le djihadiste. Le pays d’où je viens, le Royaume de Berbèrie, a par le passé beaucoup souffert de l’occupation franque. Le combat que nous avons autrefois mené pour notre liberté, c’est vous qui le menez actuellement pour votre peuple.

- Et qu’est-ce qui vous amène dans les contrées lointaines de Cathay ? s’enquit encore le séparatiste.

- La même chose que vous, répondit le Sarrasin. J’ai un vieux compte à régler avec l’Empereur Jeff Ping. C’est moi qui aie volé le Graal pour le lui donner ; malheureusement, il a refusé de payer l’organisation islamiste qui m’avait chargé de cette besogne. Je viens d’en être radié, et je ne pourrais retrouver mon honneur de martyr qu’en tuant Jeff Ping de mes propres mains. J’ai garé mon chameau de location pas loin d’ici, laissez-moi le temps de le chercher et je vous propose de vous accompagner dans votre quête.

- Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, fit Lawrence en serrant chaleureusement la main d’Othmane.

- Rien n’est impossible au soldat de Dieu. » rétorqua ce dernier en souriant.

Les deux hommes se jaugèrent l’un l’autre, et en tirèrent tout deux une impression positive. Cinq minutes plus tard, ils reprenaient de concert leur route sur les chemins du Xinjiang.

 

Lawrence, Michel et Othmane arriveront-ils sains et saufs à la Cité Interdite ? parviendront-ils à anéantir l’armée de l’Empereur ? Reverront-ils un jour leurs terres natales ? C’est ce que nous verrons dans le prochain épisode de notre grande saga rurale, Lawrence de Picardie.

Par BoArts - Publié dans : Lawrence de Picardie
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Vendredi 13 avril 2007

Un sujet : Centriste donc impuissant…

 

VGE…  Vieux Grabataire Edulcoré, Viagra Gonflé aux Endives ? Non un tel sigle en 3 lettres ne peut que cacher qu’une illustre personne : Valérie Giscard D’Estaing !!! Homme politique français né d’un inspecteur des finances, mort en 1981… « Au revoir » furent ses derniers mots dans son ultime soupir…  il a su éclairer la France de son franc parlé du milieu, de sa vision centrée d’une France en crise… comment ça il n’est pas mort, enfin à moitié comme même… si…

 

Bref, VGE est plus qu’un homme au sens commun, il est à considérer de manière équidistante entre le grand politique et le grand rien pathétique… en d’autres mots, c’est l’homme qui n’a pas su mourir afin de couronner d’un tragique éclat Gaulipompidoumitterandien son ascension dans les plus hautes sphères… mais bien au contraire, c’est un homme qui ne veut pas mourir malgré sa déchéance et son impuissance laconique…

 

Ainsi, il nous faut voir tout en rentrant dans le détail médium, l’histoire « centreusement » non révolue de cet homme au moins toujours grand par la taille… soit le passage d’un puissant (I) à l’impuissance (II)… 

 

I D’un Puissant

 
A/ Des mesures molles

VGE fut un puissant… surtout de 1974 à 1981… Il reste le roi des mesures molles et peu « souvenues » : dans les grandes mesures molles on citera : la couleur du drapeau (le bleu drapeau remplacé par un bleu cobalt plus clair et jugé moins agressif), la Marseillaise (jouée sur un ton moins fort et un rythme plus lent) et enfin plus spectaculaire encore, en 1975, le changement d'heure pendant les mois d'été (une mesure qui permet d'économiser 0,5% d'électricité ça c’est de la mesure !)

 
B/ Et de Justes milieux

VGE sût aussi trouver les actes et les mots d’une France impuissante mais centrée : « La France est une “mini-superpuissance” 1975

Il sût s’entourer d’hommes virils tel Raymond Barre (du 27 août 1976-12 mai 1981…) personne ne le regrettera sauf Monsieur Lascombes qui lui doit sa fortune… le patrimoine du candidat Lascombes la prochaine enquête prioritaire du canard… on sent déjà des plus values immobilières à 122%)

A rappeler, le1er février 1978: la fondation de l'UDF sans quoi nous n’aurions pas Bayrou et donc Duhamel privé d’antenne… et quel gâchis si ce n’était pas arrivée !

Bref pour conclure, Giscard était un homme de convictions orthonormées et médianes… qui n’avait jamais les boules mais qui avait à la place les diamants de Bokassa (voir le Canard du 10/10/1979)…

 

 
II A l’impuissance

 
A/ Un centriste  pour le massif central

Toujours au centre, déchu de l’Élysée, il n’y avait que le massif central qui était à même de sereinement l’accueillir en son sein. Malheureusement, il eut encore quelques idées à développer et imposer tel Vulcania en Auvergne, déjà aussi vide que le Krakatoa… et pire encore il avait des choses à écrire tel le roman Le Passage en 1994.Un texte érotique racontant l'aventure d'un notaire sur le retour avec une jeune auto-stoppeuse, face à l’impuissance, la frustration remonte naturellement. Ainsi pour le calmer le 11 décembre 2003, il se fait élire à l’académie française, dernier viagra possible, unique lieu ou l’épée sort encore de son fourreau… Mais le pire, c’est qu’il devient ainsi immortel tout en restant sage, conseil constitutionnel oblige !

 

 
B/ Un européen pour personne

 Immortel donc et pas que pour nous…. Dernière tentative de reconnaissance, le traité constitutionnel européen qui connaît l’andropause de son rejet actuel… bref de quoi se terrer dans un château dans la commune d’Estaing…. Afin d’oublier l’homme et ne plus en rire… D’ailleurs, en grand voyant, Giscard nous avait donné ses consignes :« Ne nous laissons pas accabler par les rhumatismes de l'histoire. »… et peut être ainsi l’humour de Santini ne sera plus anecdotique mais bien divinatoire « Je crois qu'on en a fait un peu trop pour les obsèques de François Mitterrand. Je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour Giscard. »

 

 

Par BoArts - Publié dans : Grand O Et dissertations !
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Vendredi 13 avril 2007

Le rôle du Sénat depuis 1870,

histoire d’une impuissance ?

 

 

Définition du sujet : Sénat. Groupe de gentlemen d’un certain âge chargés de hautes responsabilités et de sombres méfaits. Ambrose Pierce, Le dictionnaire du Diable.

 

 

I) Le Sénat : Litanie-Liturgie-Léthargie (E. Faure)

 

A)    L’emploi du temps du sénateur

 

- dodo

- orgasme gastrique (pour ceux qui peuvent encore tenir leurs couverts)

- digestion

- décès

 

B)     Le Sénat n’est qu’une maison de retraite pour privilégiés de la politique (N. Mamère)

 

- Le Parlement comprend les députés et les sénateurs qui, de leur côté, font de leur mieux pour comprendre ce qu'on leur dit. (P. Dac)

- A l'Assemblée on s'occupe des J.O., on laisse les Jeux paraolympiques au Sénat. (JL. Debré)

- La pilule Viagra: au Sénat et à l'Académie française, va y avoir de la contre-bande. (L. Ruquier) Et j’ajouterais, quid du Conseil Constitutionnel ?

 

 

II) Le Sénat : une assemblée sensible aux évolutions de la société ?

 

A)    L’immobilisme tranquille

 

- Le Sénat est une assemblées d’hommes à idées fixes, heureusement corrigée par une abondante mortalité. (E. Herriot)

- Une assemblée « contestataire» parcourant l’histoire à reculons : anti suffrage universel, hostile à l’extension du principe d’égalité de représentation, antijeunes, antifemmes, antipacs,...

- Le Sénat : un cimetière de réformes parce que pour la démocratie mais pas trop populaire non plus (sans déconner !)

 

B)     L’incapacité du Sénat et ses conséquences dramatiques (on a évité le pire de peu !)

 

Lorsque la Fédération du commerce entreprit le siège de la planète Naboo (salauds de capitalistes intersidéraux !!), la Reine de Naboo, Amidala Padme se rendit au Sénat. Elle réalisa l'inefficacité du Sénat, assistant impuissante aux manoeuvres politiciennes de certains sénateurs corrompus pour soutenir la Fédération du Commerce. Dégoûtée par l’impuissance du Sénat, Padmé retourna sur Naboo, où elle demanda l'aide du peuple Gungan pour libérer son peuple. Après une terrible bataille, Padmé put obliger la Fédération du commerce à capituler, mettre fin à l’invasion et rendre sa liberté à Naboo. Ces crétins de sénateurs on faillit tous nous mettre vraiment dans la merde, heureusement, les Jedis veillaient au grain !

Par BoArts - Publié dans : Grand O Et dissertations !
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Vendredi 13 avril 2007

"Bientôt, les bébés éprouvettes emprunteront les autoroutes de l'information" (Jacques Chirac – La France pour tous). Commentez.

 

A travers cette saillie d'homme de pouvoir, Jacques C. pose un problème de fond. Est-ce sa grande taille qui lui permet de saisir ainsi l'instant et ses fragrances ? Toujours est-il que J. C. cristallise en quelques mots les questions capitales de notre temps; la question première semblant résolument être – et il s'agira de notre problématique: la dérégulation technologique post-moderne est-elle solutionnable (sic) par une sécurisation institutionnalisée de la conscientisation (re sic) conjoncturelle, si tant est que la scientificité soit soluble dans un idéal d'essence nonsensique (ou, tout au moins, promotionné comme tel) ? Cette réflexion nous amènera logiquement à considérer la pertinence d'une politique de mise en œuvre de grande ampleur.

 

I. Une réponse logique à des problèmes technologico-éthiques complexes

 

1. J.C. offre une solution pérenne aux classes moyennes:

Les bébés, ça prend du temps OR aujourd'hui, on n'a plus de temps pour rien DONC il faut faire des bébés plus vite OR plus vite, c'est l'autoroute D'AILLEURS les journalistes nous mentent D’OU les bébés éprouvettes doivent prendre l'autoroute de l'information.

 

2. Maîtres mots de la thèse chiraquienne: reproduction productiviste (cf. apports de Gary Becker), hédonisme, rejet de l'élite maçonico-journalistico-politique.

à Auteur clairement influencé par le lobby industrialo-pharmaceutique nippon

 

II. L'auteur semble avoir choisi une voie qui stimulera la recherche française

 

1. Un cadre juridico-légal à parfaire, une économie et une recherche à adapter :  

- nécessité de mener une réflexion sur la viabilité de l'éprouvette comme moyen de transport

- édicter de nouvelles normes de sécurité routière pour les conducteurs de moins d'un an ?

- quel cadre juridico-légal pour les autoroutes de l'information (à privatiser) ?

- un accord entre constructeurs automobiles et fabricants de poupons est-il envisageable pour les crash-tests ?

 

2. Politique et morale semblent également être sollicitées :

- des promesses, des promesses … et le financement ?

- "emprunter" (cf. citation de J.C.): certes, mais vont-ils les rendre ? (et si non, stimuler l'emprunt par une politique de taux d'intérêts sur pertes ?)

 

CCL: à Nous préconisons des dépistages et une incarcération préventive pour tout embryon semblant manifester des velléités crypto-libertaires, islamo-bayroutistes (ou autres). Seules les cellules souche saines, traçables et de bonne famille seraient autorisées à se rendre sur les autoroutes de l'information en éprouvette.

 

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NDLR: la citation de notre vénéré bien que très vieux président Chirac est véridique, même si rien ne nous permet d'affirmer qu'elle n'ait pas été proférée sous l'emprise d'une substance psychotrope quelconque (tisane de Bernadette, ...). A souligner, le dartagnagnesque titre de feu notre bien-aimé chef de l'Etat: "La France pour tous"( tous pour la France ?)…

 

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L'ensemble du devoir est dédié aux fulgurances de nos contemporains.


 

 

Par BoArts - Publié dans : Grand O Et dissertations !
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