N°11 Mus Imp
Musique Et Impuissance
Tous les morceaux évoqués peuvent être écoutés sur le site web du B°Arts
Parlant à une amie de mon ambition d'écrire un article faisant le rapport entre la musique et l'impuissance, celle-ci me dît que ce sujet lui faisait penser à Chopin. De retour chez moi, j'ai cherché à comprendre et il s'avére en effet que, pour nombres de ses pièces, la musique de Chopin a quelque chose de frustrant. Mais en général cela concerne certains préludes et adagio, et, finalement, la « frustration» musicale resentie est bien plus une expression de tristesse, de rage contenue que d'impuissance (encore que mon lectorat masculin comprendra le lien entre les petits accidents - « pannes »- et cette « rage contenue »).
Personnellement, si je devais associer un artiste à l'impuissance, ce serait les Bee Gees, ou Indochine, mais Indochine c'est chiant, en plus d'être ridicule. Les Bee Gees au moins ils me font rire. Du coups je vous mettrai Staying Alive sur le site.
Plus proche de nous se trouve Jacques Brel. Dans un morceau nommé Au Suivant, le chanteur-poète-génie-bien-que-belge-d'origine raconte l'histoire d'un homme se rappelant un épisode qui nous a tous troublé un jour : l'examen médical, tout nu devant le médecin qui doit vérifier si tout est en ordre - absolument tout. La différence, c'est que lui subit cette épreuve à l'armée et que le Caporal crie « Au suivant » à chaque fois qu'un autre soldat doit passer à la casserole. Du coup, notre pauvre bidasse l'entendra jusqu'à la fin de ses jours : « Et depuis, chaque femme, à l'heure de succomber entre mes bras trop maigres, semble me murmurer « Au suivant, au suivant... » ». Je ne peux évidement pas évoquer Brel sans parler de Brassens et de Fernande. Bien que Fernande ait un effet positif, Lulu, elle, coupe toute envie. C'est dommage pour elle.
Passons à un autre registre : le Hip/Hop. Bien enendu, je pourrais épiloguer sur André 3000 qui a fait produire à grande échelle un godemichet à ses proportions – pour le plaisir, je diffuserai tout de même un morceau de l'album Speakerboxxx/The Love Below, intitulé : Love Hater. Mais le sujet n'est pas là. En revanche Fuzati, du Klub Des Loosers, parle souvent de son incapacité à trouver une partenaire féminine. Dans un morceau qu'il a fait en partenariat avec TTC (pour le coup la réunion des artistes s'appelle L'Atelier), sur l'album Banquet Des Anciens Elèves, l'artiste s'interroge : « Comment veux-tu que les prostituées me donnent de l'amour si les distributeurs refusent de me donner de l'argent? » Le manque d'argent serait-il un obstacle à l'épanouissement de la libido masculine? Sujet au moins autant épuisé que certains acteurs spécialisés, après certaines scènes de certains films visant un certain public.
Pour en venir à la chanson française actuelle, les VRP, dans un morceau nommé Le Nain, dénoncent l'injustice qu'entraîne un handicap bien précis. En effet, les nains ont la réputation d'être copieusement fournis. Que les grands se rassurent, il ne s'agit en fait que d'un effet d'optique : ils ont juste un sexe de taille normale pour un corps plus petit. Mais venons-en au coeur du sujet, l'andropose. Car oui, l'andropose existe et elle est fatale. Cependant les chercheurs ont cherché (héhé) et, ô miracle, ils ont trouvé le Viagra. Les Amis D'ta Femme ont donc écrit Le Tango Du Viagra pour célébrer cette splendide molécule qui, en plus, a récemment permis de sauver un bébé américain en augmentant sa circulation sanguine; permettant ainisi à son deuxième poumon de fonctionner. Ah, les hormones masculines... Mais les nageuses est-allemandes restent tout de même les mieux placées pour en parler.
Toujours dans le français, mais plus proche de l'esprit « cool et branché mais cultivons la différence, c'est comme ça qu'on se reconnaît », il y a Nouvelle Vague qui nous chante Too Drunk to Fuck . C'est ça de trop jouer les durs en soirée Science-po – on ne peut pas être fi** à pa**/ma*** et tenir la route ( Brassens parlait du « savoir-boire »).
En cas de problème, il est connu que la musique peut aider à se changer les idées, et donc repartir de plus belle. Pour cela, rien ne sert de torturer votre chaîne avec des chants bouddhistes ni de passer en boucle les cris de Clara Morgane (ou autre), remixés sur une quelconque daube techno. Bien entendu, il y a Barry White et James Brown, les grands. Mais si vous avez le malheur d'être en compagnie d'une palienne (parisienne de surcroît), il y a de fortes chances pour qu'elle se foute de vos goûts musicaux. Dans ce cas, plutôt que de lui jeter la capote et le tube de viagra en pleine face, contentez vous de la jouer grand brun ténébreux et tout. Attention, je ne parle pas de Mitch, lui, il est simplement ridicule (ex aequo avec Indochine je dirais), non, je pense plutôt au solitaire accompagné d'une petite amie frêle et câline. Bref, si vous ne voyez pas de quoi je parle, allez sur le site écouter la reprise de Ramblin' Man chanté par Isobel Campbell (du groupe Belle And Sebastian) et Mark Lanegan sur l'excellent album qu'ils ont fait en duo : Ballad Of Broken Seas. Encore plus viril, ce morceau chanté par Screamin' Jay Hawkins: I Put A Spell On You. Reste que la testostérone ne fait pas tout. Agrémentez votre mise en scène de sensualité féminine avec la version de Nina Simone, ou ce titre chanté par Dinah Washington: Mad About The Boy. Sinon, encore plus langoureux, j'ai trouvé ce petit bijoux, sur une compilation In Bed With Nova: le groupe s'appelle Olu Dora et le morceau est intitulé Bubber (If Only).Dans le cas où, même ça, ça ne marcherait pas, il reste toujours la méthode de l'aiguille plantée dans l'urètre (véridique); mais c'est un autre genre de musique que vous allez faire: certains appellent cela du cri primal ou du « dodécaphonique » - merci Hauer .
NB: Bien sûr il y avait encore bien des choses à dire sur Prince, Michael Jackson, les Beach Boys, les Royal Gigolos et bien d'autres, que les fans m'excusent mais c'est mon choix de ne pas en avoir parlé, et je le respecte.
Clément
