n°11 Impuissance

Publié le par BoArts

Les artistes, des impuissants en puissance?

OU De l’Art de créer une œuvre d’art…

 

            Tout commence par une envie… Envie d’écrire quelque chose. Envie de peindre un paysage. Envie de sculpter quelqu’un. Envie de chanter ses joies et ses peines. Envie de toucher ses semblables, de les caresser à rebrousse-poil… Pour cela, il faut étudier son sujet, se laisser séduire par celui-ci… L’observer sous tous les angles, sous toutes les coutures ; enlever lesdites coutures. Mettre à nu son objet d’étude… Puis se lancer… Faire corps avec le sujet choisi, le tenir fermement, ne pas le laisser s’échapper… Penser à lui puissamment et en permanence, le tourner dans tous les sens, être obnubilé par lui… Se mettre à nu, purger ses passions… Oublier l’environnement et les doutes…

 

            Créer. Créer pour oublier l’impuissance chronique. Accoucher d’un texte, d’une mélodie, d’une statue… Lutter contre le retour de la peur inhérente à l’artiste… L’angoisse de la page blanche… Se savoir capable du meilleur, mais aussi du pire…

 

            Toujours la même technique, le même va et vient continu entre enthousiasme et doutes. Toujours un placebo en guise de stimulant : le viagra de l’artiste, c’est l’absinthe !

 
            Avoir sans cesse envie de tout abandonner, d’effacer ce qui a été commencé, de tourner la page. Mais il n’est pas possible de faire marche arrière. L’artiste impuissant aime son sujet et est mystérieusement attiré par ce dernier ; voilà sans doute pourquoi il lui est difficile d’arriver au bout de son acte : il se met la pression et ne veut pas brusquer son sujet ni se décevoir…

 

            L’essence de l’Art? Sodomiser la drosophile. Bel exercice de masturbation intellectuelle somme toute…

 

                « Est-ce que l’art est autre chose qu’un aveu de notre impuissance? », Richard Wagner, Préface de Siegfried

 

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