Poèmes du journal n°3

Publié le par BoArts

Soulever promettre

 
Papillon vole

Papillon frivole

Gagne la fleur au sol

Auréole des heureux

Sur terre l’Orphée amoureux

En tendre fleur il veut

Sa confiance soumettre

A défaut de faire admettre

Que dans le jardin de Déméter

Se démettre des chants aux vers

C‘est porter injure à la terre

Où sont plantées les jeunes fille non mûres

Les seules heureuses aux rires qui perdurent

Touchant l’âme du voleur des maux

Point de Zeus du ciel en taureau

Mais juste un rapt de Sabines, le cœur gros

Portant l’amour, la lyre et la belle au galop.

 

 

Clameur brute

 

Belle comme le vent

Rose comme le printemps

Elle souffle la bise d'argent

Et les feuilles tombent simplement.

 

Elle vole en cette vallée illusoire

Que de rêves pour en être hagard

Forçons bien haut notre regard

Et ainsi découvrons ce moineau du soir

 

D'or est son sourire

Qui dans le reflet offre un magnifique plaisir

Et miroite le désir rageant

De se croire un jour un de ses amants

 

Impalpable souffle qui brise la terre

Ironisant le fer pour casser toutes barrières

Elle est l'érudite érosion

Qui des pulsions sauvages

Pousse les éléments à de multiple ravages

 

Force brutale sur mon sentiment

Elle crée ce manque omniprésent

Ainsi force est de s'imaginer

Qu'en tant de féminité

Se découvre l'incroyable pouvoir

De bercer en toute gloire

Mon âme désespérée

 

Clameur dans l'arène quand elle entre et se met en scène

Rien n'est plus violent que les combats de ces temps modernes

Où la passion inhibe la raison pour rougir terne

Ce flots de sans qui remplit toutes nos veines.

 

Brute clameur qui entend les complaintes

De cette reine qui devant moi s'éreinte

A être ce que j'aime sans me désirer

Cherchant mondaine à brutaliser d'autres privilégiés.

 

Q u i s- j u s e i ?

 

Assembleur de lettres il cherche ses maux.

A tenter de l’admettre il répond à l’écho.

Et chasse les sons pour prétendre au rime,

De choses malléables qui des fois s’animent.

 

Moi, je mélange Rimbaud et Apollinaire.

De vrais héros ces hommes conteurs de guerres,

Qui dictent aux mots contre l’arbitraire

Pour aimer Baudelaire dans ses fleurs amères.

 

Ainsi donc je cherche et je suis,

Telle une ombre maudite qui en sursis

Convainc les vers, en voyage, esseulés

A ne faire qu’un dans l’écrit à jamais.

 

Je chante les idées qui tombent des nuages.

Ne guettant jamais les sens et les ravages,

Que produisent sur le papier ces petites tonalités

Imbibées de pluies et parfois d’orages foudroyés .

 

Sourire de la muse qui toujours me fait douter,

Du véritable talent et de la laide beauté,

De phrases aguerries par la plume et l’épée

Taillant dans le coeur les rythmes espérés.

 

Le poète est un souffleur sans voix,

Qui comme moi souvent parle et poudroie

Pour que du sursis émerge la vaine joie

D’admirer l’instant en toute bonne fois. 

 

Car de nos âmes le mensonge ne vient pas.

Le maître est l’inconscient qui arbitre nos aléas,

Poussant la musique à atteindre le vrai,

Sans pour autant nous apprendre à le danser.

 

Le problème de l’assembleur vient pourtant du corps.

Comment imaginer une chose qui porte la mort ?

Alors que l’esprit nous promet la douce infini

Du repos intriguant que poseront les regards d’autrui.

 

Le poète donc n’aime plus, mieux il adore,

Luttant contre l’ennui et les sophistes d’or,

Tout ce qui vit et se trémousse dans l’ineptie,

Battant la frappe pour repousser encore,

Le vertige de la fin que le suicide apporte à la mort.

 

 

Plainte Iliade

 

 Près de Pergame fut Chryséis criminelle

Enjeux des seigneurs des archipels

Ta faute retomba en Briséis la souveraine

Au cœur d’Achille d’un Patrocle qui aime.

 

Atride puissant tu condamnes sans détour

Non point la mourante Troie de velours

Mais des jeunes fils embarqués on ne sait pourquoi

Vers une guerre des dieux qui injustent leurs renvois.

 

Querelles des biens qui percent les cœurs

D’une flèche au talon et te met en demeure

Ce 10ème printemps renaît et tu meurs

Pour un Hector tué et une Hélène de splendeur.

 

Y’a t’il justice à Troie pour les héros du célibat ?

L’Olympe reconnaît les siens et les met au pas,

Humains de l’au-delà, et  engeances des incertains

Grâce aux Sylphides besogneuses des petits destins.

 

Toile amère et cruelle d’une mer sans retour

D’une mère dont on ne connaîtra plus l’amour

Et voilà Achille qui dénonce à Priam

A quoi bon les sanglots, qui font frissonner l’âme,

Puisque tel est le destin heureux pour les pauvres mortels

Qu’ont filé les dieux de chair et d’aquarelle.

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Publié dans Recueil de poésie

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