Déclaration de guerre
Déclaration de guerre
Quelqu’un a prononcé des mots très puissants : « Un de ces jours, on organisera une guerre et personne ne viendra. » Peu importe qui.
A défaut d’un manifeste, j’offre une déclaration de guerre en guise d’incitation à écrire, ou plutôt à créer.
On ne part pas en guerre de gaieté de cœur. A chaque fois, on s’attend à rencontrer la tristesse, la frustration, à voir le destin nous échapper. Mais c’est oublier que les histoires sont faites de mots. Et les mots font les aventures, ces dernières font les hommes, et ces derniers en font leurs joies. Ainsi donc, par fierté, je déclare la guerre à la multitude, au foisonnement.
« Trop c’est trop !» s’exclame-t-on de ci de là, tant de prétentions.
Il n’y a pas de raisons à mon défi, les mots ne sont que volontés. Ecrire c’est se confronter, à soi, au monde, aux choses les plus perceptibles et pourtant les plus insaisissables ; à celles qu’on sait, enfin non, qu’on croit connaître, mais qu’il nous est bien impossible de décrire.
Si seulement il suffisait de vouloir pour pouvoir…
Le but de ces mots, c’est de vous ennuyer, de vous forcer à réagir, n’aimez pas mes propos. Malheureusement, ils ne choquent pas, comment ennuyer en ces temps d’attitude blasée ? Un appel au courage, à l’envie n’est que pathétique. Me laisser ainsi déblatérer dans le vide aussi. L’art, il reste l’art. Pourtant l’Art est mort. Auriez vous donc peur de ces gros mots, ou même d’un mort ? ah oui, j’oubliais, on ne rigole pas avec la mort. Puis, on ne meurt qu’une seule fois alors autant un peu en profiter.
Réjouissons-nous, il reste une raison de vous inviter à écrire ou du moins à contribuer à ce journal : faites le afin d’avoir à moins nous lire.
De toute façon, j’ose le crier : le lecteur est un con.
Le lecteur ne mérite pas qu’on s’y intéresse.
Le lecteur est à ce point con qu'il parvient à éclipser la profonde connerie de l’auteur. Et vous, enfin non, eux (pauvres vous !), viendrez vous assistez à cette énième bataille pour une révolution qui n’adviendra pas ? Les mots seront toujours des mots, le démiurge se croira toujours le seul maître à bord, et il l’est.
« un de ces jours, on organisera une guerre et personne ne viendra »,
Si tu n’es pas d’accord, toi qui malgré ta lâcheté est en première ligne, alors prends ta plume, macule là de sang et défends toi, fais de tes mots une arme. Les fous aussi ont le droit de parler dans le vide. Après tout que gagnerais-je à vous laisser de la place !?
« un de ces jours, on organisera une guerre et personne ne viendra »,
Jusque maintenant, personne n’est venu…