N°10 Thème Adultère MP

Publié le par BoArts

Le moine Pornographe

            Il y a bien longtemps, je portais une robe, avec laquelle je sentais en parfaite communion, cela se voyait dans mon allure arrogante. Je suis fier, ainsi soit il. L’allure d’un homme austère, en harmonie avec tout. Certains disaient même que j’étais habillé comme une femme mais avec une démarche de guerrier. Le monastère et la vie d’errements étaient mon quotidien. Rien ne me résistait, tel était ma fierté. De cette vie ascétique, je sus tirer tout les parties, malgré ma condition de moine, ou plutôt grâce à, les femmes venaient à moi. J’avais su faire mien ces principes :         

De ton corps dissimulé tu te serviras.

                                               Une arme pour séduire tu useras.

L’ascétisme tu suivras.

            De ce temps béni, je garde le titre de moine pornographe, on peut dire que je menais une vie bien réglée, pleine de sens, partagée entre la contemplation, la méditation, la prière et le don de soi. J’allais vers elles, mes sœurs, en te tendant les bars. Elles acceptèrent de me parler. J’errais en cette plaine abandonnée, les feux de follet me rongeaient. Brûle, brûle, crame, consumes toi misérable chair. Grille face au jugement du Dieu de colère. Sans répit est ton combat, perdu d’avance. Le sinistre orgueil commandait de se rendre à moi. Le moine pornographe disait de s’exécuter : «  ôtez tout ». Et elles se montrèrent nues sans tabous. De quels tabous pouvaient elles souffrir ?en rien elles ne sont perdues.

Sachons attendre la nouvelle vision altérée et dépravée. Je suis arrivé ainsi au-delà de l’unicité du monde avec ce talent, ce dernier don de corruption. Cette puissante énergie allie le corps et l’âme, enfin les corps et les âmes.

Enfin elles me serrèrent au cœur et au front de ce monde baveux crapuleux. Ça n’en masquera en rien la misère, mais dans leurs bras gluants elles me tenaient…

 

Désormais, c’est fini, le monastère n’est plus, le moine que j’étais a laissé tomber son capuchon et sa robe. Il y a plus que jamais la tentation, le désir, l’envie et la foi, croire en soi et en autrui, j’ai poussé au bout cette logique. Je suis devenu un prolongement du monastère, les cellules ont été remplacées par des chambres, fin de l’isolement. La tentation est en moi, je suis un hôtel. Lieu de passes, je me faufile en son sein, je suis l’hôtel, je sens ses vibrations. Derrière chacune de ses portes, la tentation se cache. J’explore ses moindres recoins, j’observe ses frémissements.


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Publié dans Prose

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