STRUCTURATION DU POUVOIR POLITIQUE CHEZ LES SCHTROUMPFS

Publié le par J.P

STRUCTURATION DU POUVOIR POLITIQUE CHEZ LES SCHTROUMPFS

 ETUDE SOCIOLOGIQUE

(je suis sociologue, oui ou merde ?)

                L’anar à la coupe hirsute qui sommeille en toi voudrait crier le poing levé : « Préservons-nous mes frères, du schéma qui consiste à obéir au vieux barbu qui porte le bonnet rouge ! » Okay, okay, tu n’es peut-être pas aussi réactif. Peut-être même que tu t’en fous. Alors, je te dirai simplement, pour t’encourager à lire la suite, que celle-ci est hautement pornographique… Maintenant que je me suis assuré d’un lectorat, je continue.

                Les Schtroumpfs, étranges créatures auxquelles une aversion toute germanique aux gens de petite taille les a accablé du patronyme ridicule de « Schloumf » (à tes souhaits Brita) (Cette remarque est raciste. J’expie en me donnant trois petits coups de saucisses de Francfort. C’est raciste également. M’en fous.) Les Schtroumpfs, donc, dont le générique suffit à te rendre le sourire les jours de grande tristesse et évoque en toi la féerie d’une enfance à jamais révolue (et si la nostalgie te gagne et que les larmes se mettent à couler, n’attends pas de moi une épaule réconfortante, ne te fais aucune illusion, tu vas souffrir quand papa et maman ne seront pas derrière ton cul) (…) A moins bien sûr que tu n’appartiennes à un réseau de solidarité aussi compétent que celui des Schtroumpfs.

                Le Schtroumpf, c’est le col bleu de la fraternité. Les seuls changements au pays des Schtroumpfs tiennent aux conditions géopolitiques du jour. Pas de guerre en Irak, ici. Juste sauver ce con de Schtroumpf à lunettes ou cette pouf de Schtroumpfette qui cueillaient des fleurs avant de se faire capturer par ce salaud de Gargamel. Sinon, la vie s’écoule schtroumpfement.

                Le système est simple, la séparation des tâches à la faveur physiologique du Schtroumpf. Le Schtroumpf gourmand cuisine, le Schtroumpf costaud coupe le bois, et la Schtroumpfette, fait la fille. Au-dessus de la masse grouillante, le grand Schtroumpf exerce une autorité pileuse et chromatique sur le groupe. C’est vraiment un gars cool.

                La cohésion de la tribu schtroumpf est également assurée par la présence d’un facteur externe pour le moins inquiétant, d’un « Autre » par rapport auquel chaque Schtroumpf peut affirmer son identité de Schtroumpf.

JJe pense bien évidemment au sinistre Gargamel. Gargamel, qui, outre un prénom guttural vraiment handicapant (qui lui a sans doute valu les quolibets de ses camarades : « Eh, grosse gamelle ! » ; « Eh Gargamel, ta mère elle est chauve. ») est victime d’un délire mégalomaniaque qui lui donne à penser que son salut découlera de l’anéantissement de la population schtroumpf. On perçoit le dictateur en puissance. L’auteur s’est certainement inspiré d’une historicité qui m’échappe (je me souviens juste du programme sur les pharaons, et un peu de la guerre au Koweït.)

                Oui, effectivement, il est méchant, et conduisait à coup sûr une Fiat blanche le 31 août 1998 sur le pont de l’Alma. Pourtant, il reste en lui une part d’humanité, qui, à l’instar de la grand-mère aigrie par la vie, le pousse à s’occuper d’un chat. Le chat, c’est donc l’espoir, le rempart à l’individualisme.

                Finalement, cet article n’a pas lieu d’être, car les Schtroumpfs n’existent pas. (Je sais c’est un peu con comme fin, mais fallait finir vite.)

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Publié dans Sociologie absurde

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